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Embarras autour d’un massacre

HISTOIRE Christophe Weber revient sur la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars 1962, à Alger.
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  46 Français sont morts sous les balles à l’entrée du quartier de Bal-el-Oued. © Doc en stock

« Au nom de la France, halte au feu ! ». Ce cri répété a été entendu le 26 mars 1962, rue d’Isly, à Alger, à l’entrée du quartier de Bab el-Oued. Et c’est pourtant au nom de la France que 46 Français sont morts sous les balles, pendant qu’à Evian se négociaient la fin de huit années de guerre.

Un élément déclencheur mystérieux

Le 4e Régiment de tirailleurs algériens (RTI) a ouvert le feu sur des manifestants pacifistes. L’élément déclencheur reste toujours mystérieux : selon les militaires, il s’agissait d’une riposte à des coups tirés depuis les immeubles, les témoins présents dans la foule affirment qu’il n’en est rien.

Entre images d’archives et témoignages, le journaliste Christophe Weber pose cette question : pourquoi des militaires formés aux missions délicates ont-ils été placés à cet endroit stratégique, face à des manifestants pacifistes ? Il pense trouver une solution au cours de son enquête, grâce aux réponses parfois embarrassées de ses interlocuteurs et une recherche fouillée dans les archives militaires.

L’ennemi a changé de camp

Il rappelle que les soldats sont destabilisés car, depuis quelques temps, l’ennemi a changé de camp : hier c’était le FLN, aujourd’hui ce sont les partisans de l’Algérie Française. Et c’est avec ce régiment composé de Français, d’Algériens et d’ex-indépendantistes ralliés à la cause de l’armée française que les autorités vont réprimer dans le sang la manifestation du 26 mars. Cet épisode, filmé en partie à l’époque, témoigne d’une vraie atrocité. Certaines images choquent.

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Aucune commission d’enquête n’a été créée pour établir les responsabilités de la fusillade.
© Doc en stock


L’auteur du documentaire a la bonne idée de faire preuve de sobriété pour relater un événement qui semble avoir été minimisé par la France : aucune commission d’enquête n’a été créée pour établir les responsabilités. Le Massacre de la rue d’Isly se termine sur une révélation : le 4e RTI, dissout après les évènements, avait déjà été à deux reprises face à des manifestants. Leur présence face à des civils ne serait donc pas un hasard...

Béatrice Mouédine

Le massacre de la rue d’Isly, de Christophe Weber
France, 2008, 55 min. Doc en stock / France 3.
Diffusion le vendredi 12 septembre 2008 à 23h25, sur France 3.

Ecouter la chronique d'Anaïs Kien pour une analyse plus historique du film, dans «La Fabrique de l'histoire», sur France Culture.


 
 
 

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