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De l'exercice du pitch

SUNNY SIDE OF THE DOC Comme chaque année, producteurs et réalisateurs de toutes nationalités sont venus se soumettre au difficile exercice du pitch devant un parterre d’acheteurs internationaux, dans l’espoir de rapporter de nouveaux financements.

Divisés en six catégories thématiques, chacune dotée d’un prix (2000 €), les BIPS (Best International Projects Showcase) permettent les coups d’accélérateur sur les projets singuliers et exigeants.

Comme une image vaut mieux qu’un discours, tous présentent une bande-annonce à partir de matériaux déjà filmés. S’ensuit une présentation de leurs intentions, leur regard sur le monde, puis un bref jeu de questions-réponses avec les diffuseurs, à qui il sera loisible d’acheter ou pas selon leur budget et leur ligne éditoriale. Tout cela en quinze minutes, montre en main.

Des lignes de partage se dessinent entre :
-  Des sujets universellement porteurs, comme la Chine contemporaine : China Heavyweight, qui traite des espoirs de jeunes boxeurs issus de la paysannerie, ou Kungfusion : Fighting Girls at Shaolin School, lauréat de sa catégorie «Pitch des moins de 30 ans», qui aborde la condition féminine en Chine via le prisme inattendu d’une activité majoritairement réservée aux garçons ;
-  Des «genres» bien établis : le film de boxe, avec
China Heavyweight donc, mais aussi Ultimate Brown Bull, la success story mythologique autour de la figure d’Elvis Presley et de ses épigones (Orion : The Man Who Would Be King), voire rebattus (le film animalier, avec Untamed Europe) ;
-  Des sujets localement enracinés qui débouchent sur l’universel : partir de la disparition du vêtement traditionnel en Inde pour interroger le corps mondialisé (Sari) ; partir de l’image de la femme sous la propagande communiste pour questionner ce qu’il en reste à l’heure de la libéralisation dans les pays de l’Est (Girls Don’t Cry, lauréat de la catégorie Arts & culture) et ceux qui semblent y parvenir avec moins de bonheur (Without Bitterness, portrait d’un orphelin du stalinisme).

On notera une forte préoccupation sur les injonctions et les représentations qui entourent les femmes, tant au plan spirituel et de l’imaginaire (comment les représentations de la Vierge irriguent encore nos modes de pensée, avec Marie), social (Kungfusion : Fighting girls…) qu’au plan sensuel (
Girls Don’t Cry et Sari). Tous ces projets étant menés par… des femmes !

P.E.