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Bienvenue en Expat’istan

BD
Kaboul Disco amuse avec le boulot-dodo de Nicolas Wild, bédéiste en Afghanistan.


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Janvier 2005 : un jeune bédéiste parisien va partir en Afghanistan. L’aventure commence. Ou plutôt, la non-aventure. A peine est-il arrivé à Kaboul que Nicolas Wild se trouve pris au piège de «l’opération quotidien immuable». L’expression est sienne et cette dérision potache caractérise Kaboul Disco, ou comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan. Nicolas a un travail : créer des bandes dessinées pour expliquer la constitution aux Afghans, puis pour leur chanter les louanges de l’armée nationale. Il a un logement : une guest house remplie d’autres internationaux. Le voilà qui évolue de l’un à l’autre, et inversement.

Et Kaboul dans tout ça ? L’arithmétique est simple : sur 140 planches, 35 montrent « l’Afghanistan ». C’est-à-dire ce qui se passe hors du bureau et de la maison. 35 dont 3 consacrées au resto français « La joie de vivre »… En fait, Nicolas Wild dessine bien plutôt un Lonely Planet des expat’. Mêlant naïveté, distance (et autocritique !), il croque les travers, les rites de cette drôle de communauté qui a essaimé à travers le monde. Et s’attaque à quelques « spécificités » afghanes. Cloîtré pour cause de prise d’otages, le bédéiste ironise :

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A côté de l’Expat’istan, l’Afghanistan peine à exister. On en vient même à se demander si cette absence n’en serait pas une caractéristique, vu de notre petit côté de la lorgnette. Comme si l’Occident voulait y voir ce qui n’y est pas, le reste ayant moins d’importance :

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Ego- et ethnocentré, oui. Mais Nicolas Wild, lui, est honnête. Et drôle. Il dessine ce qu’il a vu. Pas grand chose de ce pays, à vrai dire. Malheureusement. Car les rares planches qu’il lui consacre sont des réussites d’humour, de rythme, d’ellipses. Qu’elles montrent une rue de Kaboul :

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Espérons que dans le tome 2 (Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan), Nicolas Wild découvre cette délicate vérité : le syndrome de l’expat’ n’est pas une fatalité.

Marion Dumand

Kaboul Disco tome 1, ou Comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan, de Nicolas Wild, La Boîte à Bulles, coll. Contre Cœur, 161 pages, 17 euros.
www.la-boite-a-bulles.com


Lire From Kaboul with blog, le blog de Nicolas Wild.


 
 
 

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