Champ de Bosworth: la bataille qui a mis fin aux Plantagenêts

17 décembre 2025

La bataille de Bosworth Field est l’une des plus célèbres de l’histoire britannique. Elle mit fin aux guerres des Roses – où, de 1455 à 1485, les maisons royales d’York et de Lancastre se disputaient le trône d’Angleterre.

Le 22 août 1485, le prétendant lancastrien Henry Tudor battit Richard III sur un champ de bataille dans le Leicestershire. Henry prit ensuite la place de Richard en tant que roi d’Angleterre.

La renommée moderne de la bataille est en grande partie due à Shakespeare, qui en fit un élément central de sa pièce des années 1590 The Tragedy of Richard the Third.

Bien sûr, comme Shakespeare était avant tout dramaturge plutôt qu’historien, il n’était pas tenu de respecter strictement l’exactitude historique dans ses pièces. Une nouvelle série Sky HISTORY, Britain’s Lost Battlefields, réexamine Bosworth pour démêler les faits des mythes.

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Depuis plus de trois siècles avant la bataille de Bosworth Field, les Plantagenets régnaient sur le trône d’Angleterre. Cependant, ils n’étaient pas constitués d’une seule maison royale. Au fil du temps, ils se sont divisés en deux factions distinctes : les Yorkistes, représentés par une rose blanche, et les Lancastriens, avec la rose rouge comme emblème.

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Augmenté de mécontentement envers le règne de Richard III, de plus en plus de ses ennemis passèrent derrière un prétendant au trône. Son nom était Henry Tudor – et, ayant longtemps vécu en exil en Bretagne et en France, il lança une invasion de l’Angleterre en août 1485.

Comment la bataille de Bosworth Field a commencé

Henry choisit en réalité le pays de Galles comme point de départ pour l’invasion de l’Angleterre. Le Pays de Galles était son pays natal, où il put augmenter les rangs de son armée en route vers la frontière anglaise.

Il est notoirement difficile de déterminer les tailles exactes des armées médiévales. Cependant, on estime que celle d’Henry s’élevait à environ 5 000 à 6 000 soldats au moment où il rencontra les forces de Richard III à Bosworth. Quant à ces troupes, on estime généralement qu’elles dépassaient les 10 000 et pouvaient même atteindre jusqu’à 15 000.

A group of Napoleonic reenactors charge into battle dressed in period uniforms of Napoleonic French Fusiliers at a re-enactment of the Battle of Waterloo 1815.

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Pour faire court, les troupes d’Henry étaient environ deux à trois fois moins nombreuses que celles de l’autre camp. Heureusement, Tudor avait en revanche l’avantage sur le plan tactique. Pour commencer, n’ayant jamais commandé directement une armée, il délégua judicieusement cette tâche à John de Vere, comte d’Oxford.

Le tournant le plus marquant de la bataille

Contrairement à Henry, Oxford détenait non seulement une expérience pratique de la guerre mais aussi une lignée impressionnante dans ce domaine. Il s’en tira également bien contre l’armée de Richard. Pendant ce temps, bien que Richard ait compté sur le comte de Northumberland et Sir William Stanley comme alliés, aucune de leurs armées ne vint au secours du roi.

Stanley, au moins, semble avoir retardé ses troupes pour juger laquelle des deux parties avait les meilleures chances de l’emporter. Il ne rejoignit la mêlée qu’après que Richard eut tenté de charger directement sur Henry Tudor.

L’héritage de la bataille de Bosworth Field

On dit que la bataille de Bosworth Field fit périr environ cent hommes du côté d’Henry et environ mille du côté de Richard. Selon des rapports peu après le conflit, Richard lui-même se battit avec acharnement mais fut tué après s’être retrouvé acculé par les hommes de Stanley.

Le nouveau roi, Henry VII, fit déposer les restes de Richard à Leicester. Ils restèrent enterrés dans la ville jusqu’en 2012, année où ils furent retrouvés publiquement. Bien avant cela, toutefois, la machine de propagande de la dynastie Tudor dépeignit le Richard tué comme un monstre coupable du « sang d’enfants ».


La bataille de Bosworth Field est aujourd’hui souvent considérée comme la fin de la période médiévale. Ce n’est pas pour autant qu’il faut dire adieu à elle ! Vous pouvez continuer à vous y accrocher en vous abonnant à la newsletter Sky HISTORY.

Julien Marceau

Julien Marceau

Je m’appelle Julien Marceau, rédacteur au sein des Yeux Rouges, où je mets en lumière les histoires oubliées et les images qui façonnent notre mémoire collective. Passionné par les archives et les récits documentaires, j’aime explorer ce que le passé dit réellement de nous.