En 1995, des scientifiques rouvrirent la tombe de Marie Curie : ce qu’ils découvrirent nécessitait un cercueil en plomb.

19 août 2026

Lorsque Marie Curie fut enterrée en 1934, personne ne troubla son repos pendant 61 ans. C’était jusqu’à ce que la France décide de la déterrer.

Ce que l’équipe d’exhumation trouva dans son cercueil fut suffisant pour modifier l’ensemble de l’opération, et cela façonne encore aujourd’hui la manière dont elle est traitée.

La France voulait lui décerner son plus grand honneur. Cela a failli ne pas être possible.

Au début des années 1990, le président français François Mitterrand voulait déplacer Marie Curie et son mari Pierre, vers un lieu plus approprié qu’un cimetière tranquille à l’extérieur de Paris.

La destination était le Panthéon, le mausolée à dôme au cœur de la ville où la France repose ses plus grandes figures historiques. Voltaire y est. Rousseau aussi.

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Et maintenant, la mère de la physique moderne deviendrait la première femme honorée là-bas pour ses propres réalisations, et non en tant qu’épouse de quelqu’un.

Cela aurait dû être une formalité. Déplacer le cercueil, tenir une cérémonie, et basta. À la place, les autorités prirent une décision inhabituelle avant que quiconque ne touche la tombe : ils firent appel à l’agence française de protection contre les radiations.

Curie avait passé des décennies à travailler avec le radium et le polonium, les éléments qu’elle avait elle-même découverts. Elle était morte d’une anémie aplasique perniciosaire, un trouble sanguin presque certainement causé par cette exposition.

Six décennies plus tard, ces risques pourraient-ils encore peser sur les personnes qui s’apprêtaient à ouvrir sa tombe ?

Le moment où le cercueil s’ouvrit

L’équipe est entrée préparée. Vêtements de protection. Équipements de surveillance. Un protocole pour manipuler des matériaux contaminés si nécessaire.

Au début, les relevés semblaient normaux. Puis la tombe s’est ouverte, et les niveaux de contamination alpha et bêta ont commencé à monter.

Heureusement, ce n’était pas dans une marge dangereuse. Mais c’était suffisant pour confirmer ce que tout le monde soupçonnait et espérait ne pas trouver : Marie Curie était toujours radioactive, plus de 60 ans après sa mort.

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Et vint alors le détail que personne n’avait connu jusqu’à ce moment précis. Son cercueil, qui avait initialement semblé en bois, avait été doublé de 2,5 mm de plomb.

Cela avait été le cas depuis 1934, sans registre ni connaissance publique. Quelqu’un, au moment de son inhumation initiale, avait parfaitement compris ce dont il était question et n’avait pris aucune chance.

La partie qui n’a pas disparu

Le radium possède une demi-vie mesurée en siècles. Les restes de Curie, et les objets qui l’accompagnaient dans son travail, devraient rester radioactifs pendant encore environ 1 500 ans.

Ses cahiers de laboratoire sont encore conservés aujourd’hui dans des boîtes doublées de plomb. Quiconque souhaite les consulter doit signer d’abord une décharge de responsabilité afin d’éviter l’exposition au radium-226.

Il y a une ironie étrange qui se tient au cœur de tout cela. Marie Curie a remporté deux prix Nobel pour avoir dévoilé la nature de la radioactivité, un travail qui a transformé la médecine, la physique et la guerre.

Mais cette même découverte est la raison pour laquelle son corps, plus de 90 ans après sa mort, ne peut toujours pas être touché en toute sécurité.


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Julien Marceau

Julien Marceau

Je m’appelle Julien Marceau, rédacteur au sein des Yeux Rouges, où je mets en lumière les histoires oubliées et les images qui façonnent notre mémoire collective. Passionné par les archives et les récits documentaires, j’aime explorer ce que le passé dit réellement de nous.