La Reine Victoria faisait confiance à un seul homme; sa famille a tenté de le faire disparaître de l’histoire

25 juillet 2026

Dans les dernières années de son règne, la Reine Victoria accorda sa confiance totale à un seul homme. Elle le promut, le logea et le nomma l’une des rares personnes autorisées à marcher à côté de son cercueil.

Son entourage le dédaignait. À sa mort, son propre fils se hâta de s’assurer que le monde oublie qu’il ait jamais existé.

Voici l’histoire extraordinaire de la manière dont un jeune clerc venu d’Inde devint l’une des personnes les plus dignes de confiance et les plus importantes de toute la Grande-Bretagne, puis disparut de l’histoire presque sans laisser de traces.

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Abdul Karim arriva à Windsor en 1887, l’un des deux préposés indiens envoyés pour servir la Reine lors de son année de jubilé d’or. Il avait 24 ans, fils d’un aide-hospitalier originaire des environs de Jhansi et avait passé sa vie professionnelle comme commis dans une prison à Agra.

Il n’avait que quelques semaines pour apprendre l’anglais et l’étiquette de cour avant d’être présenté à la Reine elle-même. Il fit forte impression.

Après avoir ravi les papilles de la Reine Victoria avec un curry de poulet – un plat qui devint rapidement l’un de ses favoris – il lui donna bientôt des leçons privées d’ourdou en tant que Impératrice des Indes. Bien avant l’existence de Duolingo, elle consignait diligemment dans son journal chaque soir ce qu’elle avait appris.

Une promotion du service à Munshi, son secrétaire personnel et enseignant, suivit rapidement. Telle fut sa fascination soudaine pour la culture indienne qu’elle fit même décorer tout un étage de la Osborne House dans un style traditionnel en hommage à leur intérêt commun.

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Des sculptures sur bois et des meubles réalisés par des artisans indiens, jusqu’aux fresques du dieu à l’éléphant Ganesh, la Durbar Room fut métamorphosée avec soin en une somptueuse salle de banquet de style moghol.

Le lien se renforça rapidement et ouvertement. Suite au décès de son confident écossais, John Brown, quelques années plus tôt, les courtisans remarquèrent que Victoria déployait la même dévotion envers Karim. Il se vit offrir son propre carrosse, des terres en Inde, une place aux meilleures tables et des permissions que la plupart du personnel n’obtenait jamais.

Victoria le qualifiait de son plus proche ami. Et elle le pensait vraiment.

The family that wanted him gone

La suite n’était guère surprenante : loin de séduire au palais, l’ascension rapide de Karim et l’insistance de Victoria à le voir consulter sur les affaires de politique indienne, mirent les hauts fonctionnaires et même certains responsables gouvernementaux contre lui.

On lui fit clairement savoir que les personnes autour d’elle en avaient contre sa position. Sa réponse fut de le défendre avec encore plus de véhémence, allant jusqu’à écrire pour accuser son propre ménage de racisme dans la façon dont ils le traitaient.

Cette protection prit fin au moment où elle mourut en 1901. Son fils, le nouveau roi Édouard VII, ordonna à Karim de retourner en Inde dans les jours qui suivirent. Des gardes furent envoyés à son cottage, et des années de lettres privées entre lui et Victoria furent brûlées sur instruction du roi. Il s’agissait d’une tentative délibérée d’effacer Karim de la mémoire officielle de son règne.

Et cela a presque fonctionné.

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Karim mourut en Inde en 1909, à l’âge de quarante-six ans, sans enfant pour porter son histoire plus loin. Ce que sa propre famille avait caché, et ce que le palais n’avait jamais réussi à détruire, était un ensemble de journaux et de lettres que Karim avait soigneusement cachés, plutôt que remis.

Ils refirent surface environ un siècle plus tard et constituent la seule raison pour laquelle nous savons aujourd’hui exactement combien une reine vieillissante était prête à risquer pour une amitié que presque tout le monde autour d’elle voulait voir se terminer.


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Julien Marceau

Julien Marceau

Je m’appelle Julien Marceau, rédacteur au sein des Yeux Rouges, où je mets en lumière les histoires oubliées et les images qui façonnent notre mémoire collective. Passionné par les archives et les récits documentaires, j’aime explorer ce que le passé dit réellement de nous.