Robert Dinwiddie : le gouverneur qui fut le premier à faire confiance à George Washington

30 mai 2026

2026 marque le 250e anniversaire de la Déclaration d’Indépendance. Ce document a mis les Treize Colonies d’Amérique sur la voie de la liberté vis-à-vis de la domination britannique. Ainsi, cette année verra inévitablement de nombreuses réflexions sur la façon dont les États-Unis se sont établis en tant que nation souveraine.

La figure la plus célèbre associée à ce tournant est George Washington. Réfléchissant bien, vous pourriez être surpris de constater à quel point vous savez peu sur le premier président des États‑Unis. Un nouveau drame historique de guerre, Young Washington, est censé éclairer le public cet été, avec William Franklyn-Miller dans le rôle du héros éponyme.

Le film se concentre sur les années formatrices de Washington en tant qu’officier de milice combattant pour les Britanniques (oui, vraiment) pendant la Guerre de France et des Indiens. La bande-annonce annonce la prestation de l’acteur britannique Ben Kingsley dans le rôle de Robert Dinwiddie — mais dans quelle mesure le lieutenant-gouverneur de Virginie a-t‑il réellement façonné le parcours politique de Washington ? Nous, chez Sky HISTORY, enquêtons.

Les débuts de la vie de Robert Dinwiddie

Dans la bande-annonce de Young Washington, Robert Dinwiddie parle avec un accent manifestement anglais — mais l’homme lui-même est né à Glasgow en 1692. Dinwiddie gravit les rangs du service colonial britannique, notamment en tant que receveur des droits pour les Bermudes et en tant qu’Inspecteur général des douanes dans la partie sud de l’Amérique.

En 1751, Robert Dinwiddie devient lieutenant-gouverneur de Virginie, l’une des colonies britanniques d’Amérique du Nord. Cette fonction lui conféra une influence politique bien plus grande que ce que l’on pourrait penser. Comme les gouverneurs titulaires de Virginie résidaient en Grande‑Bretagne plutôt que dans la colonie elle‑même, Dinwiddie était en réalité le chef de facto de Virginie.

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La tension anglo-française croît dans les colonies

Dans les années 1750, la Grande‑Bretagne et la France se disputaient tous deux pour s’emparer le plus possible de terres dans le Nouveau Monde. Cela entraîna inévitablement des différends sur qui avait droit à quoi. En 1753, Dinwiddie apprit avec alarmes que des forces françaises s’emparaient de terres dans l’Ohio Country qu’il considérait fermement comme territoire britannique légitime.

Déterminé à trouver une solution diplomatique, Robert Dinwiddie choisit Washington pour diriger une expédition de huit hommes vers l’Ohio Country. Là, Washington devait remettre aux Français un message les exhortant à se retirer de la région. La volonté de Washington de se porter volontaire était le signe du courage dont il allait faire preuve lors de ses campagnes militaires ultérieures.

Washington tient bon et rebondit

En décembre 1753, Washington arriva au Fort Le Boeuf, construit par les Français, où il fut reçu poliment par le commandant Jacques Legardeur de Saint-Pierre. Cependant, le message que Washington rapporta à Dinwiddie était clair : les Français n’avaient aucune intention de bouger.

Étant donné que la diplomatie n’avait pas fonctionné, Dinwiddie se tourna vers la milice. Il confia initialement le commandement du Régiment de Virginie à Joshua Fry. Néanmoins, Dinwiddie avait manifestement confiance en Washington, puisque celui-ci prit le commandement du régiment après le décès inattendu de Fry en mai 1754.

Plus tard dans le mois, les hommes de Washington infligèrent une défaite aux Français à la bataille de Jumonville Glen, déclenchant la Guerre française et indienne. Cherchant à se venger, les Français suivirent le Régiment de Virginie jusqu’au Fort Necessity, où Washington se rendit. En 1754, Washington aida le général Edward Braddock lors d’une autre tentative infructueuse d’expulser les Français de l’Ohio Country.

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La relation de Washington avec Dinwiddie

Washington fut un pilier du Régiment de Virginie durant les années 1750, reflet de la confiance que Dinwiddie plaçait en son jeune protégé. Cependant, Washington était frustré par ses nombreuses tentatives infructueuses d’obtenir une commission au sein de l’Armée britannique.

Ceci n’était qu’une des nombreuses préoccupations que Washington évoqua dans ses lettres à Dinwiddie au cours de la guerre. Le jeune commandant se plaignait également d’un manque de troupes, et du fait que celles qu’il avait n’étaient pas payées ni respectées à la hauteur de leur mérite.

Les troupes coloniales se voyaient officiellement refuser des commissions royales, traitées comme de seconde classe par rapport aux soldats de l’Armée britannique. Dinwiddie exprima sa sympathie envers Washington mais imputa la responsabilité à l’Assemblée générale de Virginie, soutenant que ses législateurs n’assuraient pas un financement suffisant pour l’effort de guerre.

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L’héritage de Robert Dinwiddie

Les tentatives répétées de Dinwiddie pour apaiser les inquiétudes de Washington n’aboutirent apparemment à rien. En 1758, Washington quitta définitivement le Régiment de Virginie, tandis que Dinwiddie démissionna de son poste de lieutenant-gouverneur de la colonie. Cependant, bien que Dinwiddie soit ensuite retourné en Grande‑Bretagne, il laissa un impact durable sur Washington.

La relation de plus en plus tendue avec Dinwiddie alimenta le ressentiment de Washington envers ses souverains britanniques. L’avantage, c’est que Dinwiddie lui avait donné une expérience militaire précieuse. Whitehall ne défendait manifestement pas les intérêts des colons, ce qui inspira Washington à lutter pour eux lui-même des décennies plus tard lors de la Révolution américaine.


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Julien Marceau

Julien Marceau

Je m’appelle Julien Marceau, rédacteur au sein des Yeux Rouges, où je mets en lumière les histoires oubliées et les images qui façonnent notre mémoire collective. Passionné par les archives et les récits documentaires, j’aime explorer ce que le passé dit réellement de nous.