On l’appelait la ‘Madame Reine de Harlem’, et pour une bonne raison. Stéphanie St. Clair maîtrisait le jeu des chiffres comme personne. L’une des racketteuses les plus célèbres d’Harlem au début du XXe siècle, elle était une femme sans demi-mesure qui n’avait sûrement pas peur de riposter.
Face à l’intimidation de la mafia et à la corruption policière, « Queenie » est restée sur ses positions, faisant de son entreprise une entreprise extrêmement lucrative. Elle était aussi une militante vocale et efficace pour les droits des femmes et des Afro-Américains.
Une véritable force avec laquelle il fallait compter, Stéphanie St. Clair a mené une vie riche en événements. Poursuivez votre lecture pendant que Sky HISTORY en révèle davantage sur la « Madame Reine de Harlem ».
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Les débuts de St Clair
Une grande partie de ses jeunes années est inconnue. Elle serait née dans les Antilles le 24 décembre 1897, sur l’île de Grande-Terre ou de Martinique. Cependant, il a aussi été suggéré qu’elle soit née en France, St Clair déclarant elle-même être d’origine française-européenne.
Sa mère, Félicienne, était une mère célibataire déterminée qui l’élevait seule et s’assurait qu’elle allait à l’école. Quand Félicienne tomba malade et mourut, St. Clair réunit assez d’argent pour quitter l’île. Elle prit d’abord la direction de Montréal, probablement par le biais du Caribbean Domestic Scheme, puis se rendit à New York en 1912.
À son arrivée à Harlem, elle n’était encore qu’une adolescente mais savait se présenter comme une Parisienne sophistiquée. Elle parlait français, espagnol et anglais et était sûre de raconter à quiconque son passé coloré.
St Clair était reconnue pour son style, son esprit vif et son tempérament fougueux, quelqu’un qui exigeait le respect et ne tolérait jamais une insulte. Veuve de son ancien lieutenant Bumpy Johnson, elle déclara un jour de Stéphanie : ‘Elle ferait sauter ses talons hauts coûteux et ferait face à n’importe quel homme ou femme assez insolent pour insulter son lignage et son caractère.’
Stephanie’s rise to crime boss
Harlem en 1912 débordait de culture, d’ambition et d’ardeur au travail. C’est aussi là que le « jeu des chiffres » prospérait, notamment au sein des communautés noires de la classe ouvrière. St. Clair investit ses économies et monta sa propre banque de policy, employant des résidents d’Harlem et proposant des cotes équitables pour concurrencer ses rivales. Elle gagna le respect et la loyauté à une époque où il était extrêmement rare que des femmes, et surtout des femmes noires immigrées, contrôlent des entreprises financières.
St Clair n’était pas seulement remarquée pour son approche commerciale, mais aussi pour la manière dont elle la défendait. Elle publia des annonces dans les journaux d’Harlem avertissant sa communauté contre la corruption policière et critiquant publiquement les agents. À une époque où le silence signifiait souvent la survie, elle rendit sa défiance bruyante et visible, lui valant le surnom de « Madame Reine de Harlem ».
Lutte contre la Mafia
Lorsque le gangster Dutch Schultz tenta de s’imposer dans le trafic des chiffres à Harlem dans les années 1930, St. Clair répliqua. Elle rassembla des opérateurs de policy noirs, attaqua les magasins de paris de Schultz et exhorta la communauté à soutenir les entreprises gérées par des Noirs.
Même lorsque Schultz répliqua par des menaces, des enlèvements et des meurtres, elle refusa de céder. « Je n’ai pas peur de Dutch Schultz ni d’aucun autre homme vivant », disait-elle. « Il ne me touchera jamais ! Je tuerai Schultz s’il pose le pied à Harlem. C’est un rat. Le jeu des chiffres est mon jeu. »
La querelle entre St Clair et Schultz prit fin en 1935 lorsque Schultz fut assassiné par la Mafia Commission. St. Clair célébra sa mort par un télégramme qui disait, ‘As ye sow, so shall you reap.’
Pourquoi Stéphanie St Clair demeure-t-elle dans les mémoires ?
Ce mélange de richesse, de pouvoir et d’activisme fit d’elle une personnalité marquante. Elle utilisait son argent et son influence pour aider sa communauté et lutter contre les traitements injustes. À une époque où les Noirs et les femmes faisaient face à une discrimination grave, elle remettait en cause les règles avec audace. Son approche a prouvé qu’elle pouvait réussir et diriger malgré les obstacles qui se dressaient devant elle.
L’historienne LaShawn Harris déclare : ‘Elle était prête à prendre des risques… prête à remettre en question les idées normatives sur le genre et la race.’
Son courage et son impact ont fait d’elle une figure inoubliable de l’histoire américaine.
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