Faire une plaisanterie légère à nos amis et à notre famille le 1er avril est une chose. Mais voici 12 farces nettement plus élaborées qui se sont bel et bien inscrites dans le panthéon historique.
1. La grande récolte de spaghetti
En 1957, la BBC a réussi ce qui reste à ce jour l’une des canulars du jour du poisson d’avril les plus célèbres de tous les temps. Huit millions de personnes ont regardé Panorama lors d’un reportage de trois minutes sur la « récolte suisse de spaghetti ».
Après qu’un hiver anormalement doux eut mis fin à leur calamiteux problème de ravageur du ver des spaghetti, la région du Tessin, près de la frontière italienne, aurait connu une « récolte de spaghetti exceptionnellement abondante ». Les images montraient des gens cueillant des brins de spaghetti sur les arbres et les buissons avant de s’emparer de leur festin fait maison.
La farce eut lieu bien avant que les pâtes ne deviennent un aliment de base dans l’alimentation moyenne des Britanniques, ce qui rendait le public particulièrement susceptible. Lorsque les téléspectateurs appellèrent pour savoir comment acheter leur propre arbre à spaghetti, la BBC leur répondit de « placer un brin de spaghetti dans une boîte de sauce tomate et espérer le meilleur ».
2. Le lavage des lions
C’est en 1698 que les gens furent pour la première fois trompés en se rendant au « lavage des lions » au Tower of London. Cela en fait l’une des farces les plus anciennes connues dans les archives historiques, et elle fut répétée à plusieurs reprises au cours des XVIIIe et XIXe siècles.
3. Big Ben passe au numérique
En 1980, le BBC World Service annonça que le monument le plus célèbre de Londres allait se refaire une beauté. L’émetteur informa les auditeurs que, pour aider les touristes à lire l’heure, la tour horloge de Big Ben passerait au numérique et serait dorénavant connue sous le nom de « Digital Dave ».
Le nouveau et amélioré monument n’indiquait pas seulement l’heure – il diffuserait aussi un bulletin d’information de cinq minutes chaque soir. De plus, les célèbres coups de cloche seraient remplacés par des bip. Alors que certains auditeurs avaient compris qu’il s’agissait d’un canular du 1er avril, beaucoup appelèrent pour exprimer leur indignation. Un porte-parole de la BBC commenta : « Étonnamment, peu de gens ont trouvé cela drôle. »
4. L’incroyable piratage de la télévision couleur
En 1962, bien avant que la télévision couleur ne soit déployée en Suède, les téléspectateurs de Sveriges Television furent trompés en croyant pouvoir transformer leurs écrans en noir et blanc grâce à une astuce bricolage facile.
Kjell Stensson, un « expert technique », expliqua en détail comment tendre une grille sur leurs écrans pouvait plier les longueurs d’onde de la lumière, permettant aux spectateurs de voir en couleur technicolor. Heureusement, cela pouvait être facilement réalisé avec un objet que l’on trouve dans de nombreux foyers : des bas en nylon. Comme c’était le seul réseau TV en Suède à l’époque, jouissant de la confiance de la population, des milliers de personnes y sont tombées.
5. L’effet jovien-plutonien
Le célèbre astronome et présentateur adoré de The Sky at Night, Patrick Moore, avait la crédibilité et l’allure d’une autorité qui lui permirent de mener une blague hors du commun. En 1976, Moore annonça aux auditeurs radio que, en raison d’un alignement planétaire rare entre Pluton et Jupiter, la Terre subirait ce matin-là une modification de ses forces gravitationnelles, les faisant flotter dans les airs.
À 9 h 47 précises, Moore invita les auditeurs à « sauter maintenant ! ». En quelques minutes, des appels arrivèrent signalant qu’ils avaient ressenti l’effet jovien-plutonien. Une appelante déclara avoir « orbité doucement autour de la pièce » avec ses onze amis. Un autre se plaignit d’être monté si haut qu’il heurta le plafond et demanda une compensation.
6. La machine miraculeuse d’Edison
Dans l’année qui suit son invention du phonographe en 1877, le New York Graphic saisit l’occasion d’arnaquer ses lecteurs en les faisant croire que Thomas Edison avait créé une nouvelle machine capable de transformer la poussière en viande et l’eau en vin.
« Edison invente une machine qui nourrira l’humanité ! »
fit la manchette sensationnelle. C’était bien sûr une fabrication totale. L’auteur le reconnut même à la fin de l’article, concluant qu’il s’était réveillé et que tout n’était qu’un rêve. Cela n’empêcha pas plusieurs journaux américains de republier l’histoire en croyant qu’elle était vraie. Dans leur prochaine édition, le Graphic condamna la « lecture hâtive » par leur auditoire crédules sous le sous-titre ironique : « They Bite ».
7. L’éruption volcanique qui n’a pas eu lieu
L’une des farces les plus audacieuses de tous les temps fut la fausse éruption du volcan Mount Edgecumbe en Alaska. Elle fut menée non par un média, mais par un bûcheron local nommé Oliver « Porky » Bickar et constitua un canular mûri sur plusieurs années. Bickar recueillit méticuleusement 70 pneus qu’il entra dans un hangar d’avions, puis les a cachés, attendant une journée du 1er avril avec un ciel suffisamment dégagé et les conditions météorologiques idéales pour mettre son plan à exécution.
Cet avenir arriva en 1974 lorsque Bickar utilisa un hélicoptère affrété pour déposer les pneus dans le cratère du volcan. Il les imbiba ensuite de carburant et les mit le feu, provoquant une colonne épaisse et sinistre de fumée qui s’éleva.
Les habitants du cru se ruèrent dans les rues, craignant que le volcan autrefois dormant n’explose. Bien que la police et les pompiers aient été de la partie, Bickar avait oublié d’informer la Garde côtière. Ils survolèrent la zone et, au lieu de voir de la lave fondue, virent les vieux pneus en flammes, entourés de géantes lettres peintes à la bombe disant « APRIL FOOL ».
8. L’arnaque du vin norvégien
L’arnaque du vin excédentaire en Norvège de 1950 est entrée dans l’histoire comme un exemple savant de comment bâtir une farce haut de gamme à partir d’une plausibilité quotidienne. Tout a commencé par une annonce dans Aftenposten, le plus grand quotidien imprimé du pays. Le titre disait que Vinmonopolet (le détaillant de vin détenu par l’État) avait un excédent de vin et n’avait nulle part où le stocker. Ils invitèrent les Norvégiens à apporter tout ce qu’ils avaient pour profiter d’un vin fortement remisé. Ils répondirent en masse et arrivèrent avec des seaux, des bouteilles, et vraiment tout ce qui n’était pas une baignoire.
Cette farce a si bien fonctionné parce qu’elle s’appuyait sur la vraie pénurie de vin d’après-guerre. Et avouons-le, qui n’aime pas un petit cadeau gratuit ? Il y a aussi l’élément d’un diffuseur de confiance parlant d’une voix calme et assurée qui dit : « Oui, cette chose improbable est bel et bien réelle. » Pouvez-vous blâmer les Norvégiens pour y croire ?
9. L’itinéraire Dublin-Drogheda
Qu’y aurait‑il de poisson d’avril sans un clin d’œil à la perle Dublin-Drogheda ? Cette idée lumineuse remonte à 1844 et des affiches apparurent autour de Dublin annonçant des voyages en train aller-retour gratuits pour Drogheda (une ville portuaire industrielle assez peu palpitante sur la côte est de l’Irlande) le 1er avril.
Le voyage en train conservait encore ce petit éclat moderne, de sorte que l’offre attira une foule. Le hic ? Il n’y avait pas de trajet gratuit. Le récit devint chaotique lorsque la vérité éclata, avec des passagers potentiels frustrés dans les rues et le personnel ferroviaire pris au milieu des événements.
10. Tricky Dicky, encore une fois
En 1992, la voix de confiance qui avait suscité tant de canulars publics du 1er avril était passée des supports imprimés comme les journaux et les affiches à la radio. Cette année-là, l’émission Talk of the Nation de NPR diffusa une annonce parodique selon laquelle l’ancien président américain Richard Nixon se présentait à nouveau. Elle comprenait même une interview avec Nixon. Sauf que la voix que les auditeurs entendirent était en réalité celle de l’imitateur Rich Little.
Comme tant d’autres canulars auparavant, l’astuce fonctionna parce que Nixon était déjà sous les feux de la rampe. Après tout le scandale du Watergate et la démission très médiatisée en 1974, le titre « Richard Nixon is back » peut sembler absurde. Mais aussi… pendant une fraction de seconde, on peut comprendre pourquoi les gens y ont cru.
11. Des pingouins volants sur la BBC
Et puis arriva le numéro des pingouins volants de la BBC. Autrement dit, une démonstration magistrale d’une présentation soignée. En 2008, la BBC publia un clip brillant montrant des pingouins Adélie planer dans les airs et migrer de l’Antarctique vers la forêt tropicale d’Amérique du Sud. Il était narré par le légendaire acteur gallois Terry Jones (de la renommée de Monty Python) et produit avec la gravité digne des documentaires “nature” à la David Attenborough qui pousse le public à croire ce qu’il voit. C’est ce genre de crédibilité puissant à emprunter pour ce qui, rétrospectivement, était une blague quelque peu absurde.
12. La Liberty Bell façon Taco Bell
La blague de Taco Bell sur la Liberty Bell en 1996 est peut-être l’exemple le plus affûté ici d’une farce bâtie sur l’humeur culturelle. Le 1er avril, la chaîne de restauration rapide lança des publicités dans les journaux affirmant qu’elle avait acheté la Liberty Bell pour aider à réduire la dette nationale américaine. Elle n’en resta pas là. Les publicités annoncèrent aussi que le monument serait désormais nommé la « Taco Liberty Bell ». Cela suscita, au moins, une controverse considérable. Mais comme le dicton le dit, il n’y a pas de mauvaise publicité !
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