La Coupe du Monde de la FIFA 2026 est enfin là, et se déroule dans trois pays – les États‑Unis, le Canada et le Mexique – à la suite du succès de la candidature commune United 2026.
11 villes aux États‑Unis accueilleront les matchs, ainsi que trois villes au Mexique et deux au Canada. Cette expérience d’accueil partagé marquera la première fois que la Coupe du Monde aura lieu sur le territoire américain depuis 1994. Le football et les États‑Unis ont connu des évolutions significatives depuis lors.
Sky HISTORY revient sur la Coupe du Monde de la FIFA 1994 pour explorer ce qui a changé – et ce qui est resté inchangé – au fil des décennies.
La candidature pour la Coupe du Monde 1994
Il faut remonter le temps jusqu’en 1988, lorsque les États‑Unis se mesuraient au Maroc et au Brésil pour candidater à la Coupe du Monde 1994. C’était la première fois que les États‑Unis étaient choisis pour accueillir l’événement. La décision a été prise par les membres du Comité exécutif de la FIFA. Les États‑Unis étaient alors le seul des trois pays à disposer de stades pleinement opérationnels.
Cependant, ce choix a aussi été perçu par la FIFA comme une opportunité de faire croître l’intérêt pour le football aux États‑Unis. Bien que l’Amérique se fût définitivement tournée vers le « soccer » dans les années 90, ce sport était loin d’être la discipline dominante qu’il était ailleurs dans le monde.
Réaction des États‑Unis en tant qu’hôtes de la Coupe du Monde 1994
La réaction mondiale envers les hôtes choisis n’était pas très positive. Les États‑Unis n’étaient pas particulièrement respectés en matière de football, faute de disposer d’une ligue professionnelle de haut niveau. L’Amérique du Sud et l’Europe ont été particulièrement critiques, arguant ce manque de professionnalisme et estimant que le beau jeu n’était pas aussi bien compris ni aussi populaire que la NFL ou la NBA.
Les performances des États‑Unis
Malgré les critiques, la Coupe du Monde de 1994 fut mémorable et impressionnante pour l’équipe américaine. En raison de l’absence d’une ligue professionnelle, l’Équipe nationale masculine des États‑Unis était principalement composée de joueurs évoluant à l’étranger et comptait des noms notables tels que Tab Ramos, Claudio Reyna et Thomas Dooley.
Malgré les modestes attentes placées sur l’équipe, les États‑Unis ont tenu le nul contre la Suisse — une équipe européenne respectée — et ont battu la Colombie. Ils ont ensuite perdu 1-0 contre la Roumanie, mais avaient accumulé suffisamment de points pour se qualifier pour les phases à élimination directe. Leur tournoi s’est terminé par une défaite face au Brésil — l’une des équipes les plus habiles et vainqueur éventuel de la Coupe du Monde 1994.
Différences et similitudes politiques
En 1994, il y avait certaines similitudes avec 2026 en ce qui concerne la situation politique mondiale autour de la Coupe du Monde. Tant en 2026 qu’en 1994, un fort sentiment de nationalisme entourait les États‑Unis en tant qu’hôtes (même si, cette fois, le titre est partagé avec le Mexique et le Canada). En plus de renforcer la popularité du sport dans l’État‑Unis, l’accueil de l’événement offrait aussi à l’Amérique une occasion d’affirmer son influence. 2026 suit largement le même chemin, bien que la compétition soit plus intense dans le climat géopolitique actuel.
Il existe également des différences, comme on peut s’y attendre avec un décalage de 32 ans et une nouvelle administration au sein du gouvernement américain. Les changements apportés à la politique d’immigration américaine ont généré de vifs débats, certains participants au tournoi étant affectés par les nouvelles conditions d’entrée. L’arbitre somalien Omar Artan a été largement rapporté comme ayant été empêché d’entrer sur le territoire en raison de préoccupations liées à la vérification des antécédents.
Évolutions du football
Il y a eu des changements majeurs dans la Coupe du Monde depuis 1994, qui vont sans doute influencer les jeux dans leur ensemble. En termes numériques, il y a désormais 48 nations impliquées dans le tournoi, contre les 24 qui y participaient en 1994.
Le nombre de matchs a également doublé, passant de 52 matchs en 1994 à 104 en 2026. Les effectifs des équipes ont aussi augmenté, avec jusqu’à 26 joueurs autorisés dans chaque équipe (contre 22 auparavant). L’événement est aussi globalement beaucoup plus grand et plus extravagant. Cette hausse massive des chiffres accroît l’attention portée au tournoi, tout en montrant à quel point il est important pour les États d’être hôtes.
En 1994, la Coupe du Monde est arrivée en Amérique comme une expérience — une mise sur le fait que le sport pourrait trouver un public dans un pays qui l’avait largement ignoré. Trente-deux ans plus tard, les États‑Unis reviennent en tant que co‑hôtes du plus grand tournoi de l’histoire. L’expérience, semble-t-il, a porté ses fruits.
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