Lorsque l’on pense aux grandes campagnes de la Seconde Guerre mondiale, on pense sans doute au front de l’Est, qui fit près d’un lourd tribut avec près de 30 millions de morts. Cependant, à mesure que la guerre faisait rage, les deux camps voyaient de plus en plus l’Afrique du Nord comme une récompense prisée.
La Grande-Bretagne y avait déjà un intérêt, en maintenant sa propre garnison en Égypte pour protéger la route d’approvisionnement cruciale du canal de Suez. Les immenses champs pétrolifères de la région attiraient également l’attention. À quoi servaient des chars mécanisés s’il n’y avait pas assez de carburant pour les faire fonctionner ?
Et c’est ainsi que, en novembre 1942, les Alliés lancèrent l’Opération Torch, des forces anglo-américaines débarquant sur la côte nord-africaine. La mission qui s’ensuivit fut si tumultueuse et riche en événements que la nouvelle série Sky HISTORY, World War II with Tom Hanks, lui consacre un épisode entier. Alors, quels défis attendaient les Alliés en Afrique du Nord ?
La bataille pour l’Afrique du Nord
Les Britanniques avaient commencé leur campagne en Afrique du Nord en 1940, mais avaient du mal à venir à bout des troupes stationnées là-bas par l’Italie fasciste de Benito Mussolini. Une autre épine constante pour les Britanniques était le commandant allemand intrépide Erwin Rommel.
À l’aube de 1942, le Premier ministre britannique Winston Churchill avait entamé des pourparlers avec le président américain Franklin Delano Roosevelt. Les États-Unis étaient entrés dans la Seconde Guerre mondiale après l’attaque de Pearl Harbor et avaient décidé de s’allier à la Grande-Bretagne contre l’Axe.
La question restante était exactement sous quelle forme devrait prendre la première expédition militaire anglo-américaine de la guerre. Bien que les Américains aient proposé un débarquement en Europe, Churchill savait que les États-Unis devaient encore renforcer leurs capacités militaires.
Selon lui, l’Afrique du Nord serait l’endroit idéal pour que les troupes américaines se réchauffent avant d’entrer dans des théâtres d’opérations plus difficiles. Churchill savait aussi que le Premier ministre soviétique — et autre dirigeant des Alliés — Joseph Staline avait les mains liées sur le front de l’Est. Un nouveau front en Afrique du Nord permettrait espérer alléger cette pression.
Montgomery et Rommel s’affrontent en Égypte
L’opération Torch avait été précédée par les deux batailles d’El Alamein en 1942. Dans les deux cas, les forces alliées mirent fin aux tentatives de Rommel d’entraîner ses troupes plus loin en Égypte. La deuxième bataille d’El Alamein, qui se déroula de fin octobre à début novembre, fut une victoire particulièrement spectaculaire pour les Alliés.
Ce duel vit le général Harold Alexander et le lieutenant-général Bernard « Monty » Montgomery prendre les rênes de la septième armée britannique. Ces soldats rompirent avec succès la ligne de Rommel, poussant le maréchal des forces allemandes à fuir avec ses troupes de l’Axe.
Pour les Alliés, cette victoire n’était pas seulement un précieux coup de pouce moral après une série de revers infligés par Rommel. Elle offrait également des conditions prometteuses pour l’opération Torch, qui débuterait le 8 novembre. La défaite de Rommel força ses hommes à se retirer vers la Tunisie et les soldats anglo-américains approchant par l’ouest les encercleraient là-bas.
L’opération Torch prend son envol
Lorsque la France tomba aux mains des Nazis en 1940, le Royaume-Uni perdit un allié précieux. Cependant, les Nazis n’installèrent pas complètement leur hégémonie sur la France. Des parties du pays échappaient au contrôle direct des envahisseurs et formaient la France de Vichy, qui elle-même détenait des colonies en Afrique du Nord.
Ainsi, les troupes anglo-américaines devaient inévitablement affronter les forces françaises de Vichy lorsqu’elles avanceraient à travers l’Afrique du Nord. L’opération Torch vit trois forces opérationnelles distinctes débarquer dans différentes parties du continent. Deux forces américaines ciblèrent Casablanca et Oran, tandis qu’une force britannique avait Alger en ligne de mire.
Les puissances de l’Axe chassées d’Afrique du Nord
Théoriquement, la France de Vichy était un État-fantoche nazi. En pratique, toutefois, sa loyauté envers les nazis s’avéra quelque peu fluctuante. En effet, lorsque les Alliés sollicitèrent un certain nombre d’officiers français basés en Afrique du Nord, ils obtinrent une réponse encourageante.
Quelques jours seulement après le débarquement des 107 000 soldats britanniques et américains, les autorités françaises de Vichy signèrent un armistice avec les Alliés. Lorsque le chancelier allemand Adolf Hitler apprit cette capitulation, il ordonna l’occupation de la France de Vichy par les nazis.
Dans un dernier geste contre les nazis arrivants, la France de Vichy saborda la flotte française à Toulon. La domination des Alliés en Afrique du Nord leur permit d’expulser l’Axe de la région en mai 1943. Les Alliés utilisèrent également l’Afrique du Nord comme tremplin pour envahir l’Italie — selon les mots de Churchill, le ventre mou de l’Europe.
Le succès de l’opération Torch n’était qu’un des nombreux jalons des puissances alliées dans la Seconde Guerre mondiale. Pour en savoir plus sur la trajectoire de ce conflit mondial, inscrivez-vous à la newsletter Sky HISTORY.